2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 05:02

 

 

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  peintrefiguratif (Raymonde)

 

 

CONTE ET LEGENDE DE LA VRAIE CROIX "Lan Groez" (croix de la lande).

 

 

Il avait revu sa Bretagne, le bon chevalier, après trois ans de guerre, au pays des infidèles, au pays

des Sarrasins qui détestent la foi des Bretons. La foi des Bretons était dans son coeur, quand il

combattait près du tombeau du Seigneur Christ, et tombant sous la lourde épée, plus d’un infidèle

avait mordu la poussière.

Dans son coeur, quand il revenait, était encore la foi des Bretons, le divin trésor des Manants et des

Gentilshommes : au pays de Bretagne, on ne rougit pas de servir Dieu.

On ne rougit pas de servir Dieu, car on ne craint pas de mourir pour lui. Le voyageur fatigué

s’arrêtait au pied des croix de pierre, pour se reposer en priant.

En passant devant les Croix de pierre, le bon chevalier se signait, et de sa valise il tirait un objet

bien précieux sans doute, qu’il baisait dévotement.

-Où donc allez-vous Seigneur ? lui dit le petit pâtre qui gardait son troupeau sur la lande de Sulniac. Vous paraissez bien las, Seigneur ! Où donc allez-vous ?

-Enfant, je vais bien loin, par de là la cité de Vannes au vieux Manoir de Kerizel, qui se cache près

de la mer, dans les bois.

-Bon voyage, Seigneur. Et l’enfant partit en chantant.

Le lendemain, vers la nuit, le Chevalier passait près d’un château.

-Ouvrez les portes, bons serviteurs, c’est un pèlerin qui revient de la Croisade, où il a lutté pour le

Seigneur Christ, en vrai Breton !

-Entrez, Messire, la table est prête dans la grand’salle, et le cellier n’est pas vide, vraiment.

-Non, mes amis, dans la grand’salle point n’entrerai ; dans la Chapelle, je ne dis pas : car ne veux

ni manger, ni boire avant d’avoir offert à Dieu ce qui est Dieu.

Le voyageur est entré dans la Chapelle, tous les serviteurs avec lui. Longtemps il a prié près de l’autel, et

ouvrant sa valise, il cherche … Puis sa tête se penche, ses yeux se dévoilent, il pleure, lui qui a vu la mort sans pâlir, il pleure, car il ne trouve plus son trésor, la relique précieuse qu’il apportait de si loin.

-Seigneur, Seigneur, vous pleurez !

-Hélas, quel grand péché ai-je donc commis, que j’aie pu perdre mon trésor, la relique de la Vraie

Croix du Sauveur Jésus ?

Dès l’aube, il se remit en route, et refit, tout inquiet, le chemin qu’il avait fait la veille, mais ni le pâtre de la lande, ni le laboureur qui conduisait ses boeufs, ni la bergère qui chantait dans le courtil, ne purent lui rendre ce qu’il avait perdu.

Où donc était la sainte relique, le trésor du bon Chevalier ?

Vers le soir, il repassa près du château, près du château se tenait les Serviteurs et le vieux comte qui l’attendait.

Il ne les voyait pas, tant il avait de larmes dans ses yeux.

-Restez ici, Messire, la nuit sera noire, et dans les landes désertes vous ne trouverez pas un abri.

-La nuit sera noire, je le sais, et la lande déserte, mais je ne m’arrêterai pas avant d’avoir revu le

toit de Kerizel, dans les bois au bord de la mer. Je ne m’arrêterai pas , car maintenant la route est

triste, puisque je n’ai plus le trésor qui faisait mon orgueil.

Or, la nuit suivante, pendant que le pèlerin poursuivait tristement sa route,une chose étrange étonne les

pauvres gens qu’il avait interrogés.

Une chose étrange, assurément, car, tout en haut d’une aubépine était un nid, un nid de pie bien connu des

petits patours, et ce nid, sortait une vive lumière, brillante et blanche dans les ténèbres . Et les villageois

s’arrêtaient surpris :

-C’est peut-être un matelot du diable !

-C’est peut-être un signe du bon Dieu !

-Allons, bonnes gens, dit Yvon le sonneur de cloche, un vieil archer de Monseigneur le Duc de Bretagne, il faut avoir peur, et pour voir il faut grimper au nid.

Et se signant avec piété, il monta tout en haut de l’aubépine. Quand il descendit, il tenait dans ses mains un morceau de bois, noir et dur. Certainement du bois béni, puisqu’il avait pu le prendre, après avoir fait le signe de la Croix !

-Vive Dieu ! dit la foule en l’apercevant. C’est la relique du pèlerin :

Il était loin, le bon Chevalier, personne ne connaissait son nom. Comment lui rendre son trésor !

-Bâtissons une Eglise, une Eglise de granit breton, où dans un reliquaire d’or nous garderons la

Vraie Croix.

Et les voilà tous à l’oeuvre, et bientôt ils eurent bâti la Chapelle de granit breton, où dans un reliquaire d’or apparut à tous les yeux la Croix perdue du Chevalier.

Hors, pendant la nuit, à quelques pas de la Chapelle, une grande clarté brilla encore autour du nid. Le reliquaire était toujours dans la Chapelle, mais dans le reliquaire on ne voyait plus la Croix.

-Holà, holà méchant oiseau, veux-tu donc voler ce qui appartient à Dieu ?

_Non, bonne gens, n’accusez pas le pauvre oiseau, il n’a point voler ce qui est à Dieu !

Deux fois la sainte relique fut replacée dans la Chapelle, deux fois elle délaissa le reliquaire d’or pour briller dans le nid au somment de l’aubépine.

-Je comprend, dit le Chapelain, où la volonté de Dieu l’a mis, le bois précieux doit rester.

-Mais, comment ferez-vous, Messire , s’écria le sonneur Yvon ; Yvon le sonneur de cloches qui raisonnait comme un docteur, car il avait été archer !

-Comment, je ferai ? Ecouter gens du village, et dite si je n’ai pas raison. A la place de l’aubépine

je bâtirai une voûte de pierre s’élèvera la Chapelle bénie, la Chapelle où dans son reliquaire, je

mettrai la Vraie Croix du seigneur Christ, à l’endroit même où est le nid.

A l’endroit même où était le nid, on vit bientôt la sainte relique, dans la gentille Chapelle qui s’éleva sur la voûte, à la place de l’aubépine. Et sous la voûte de pierre passait le grand chemin, et les voyageurs, riches ou pauvres, en passant par le grand chemin, sous la voûte de pierre, étaient bénis.

C’est sans doute ce que voulait Dieu.

La Chapelle existe toujours, et dans la Chapelle la sainte relique qu’apporta le Seigneur pèlerin.

Allez à la Vraie Croix, bons chrétiens du pays de Vannes, et si ce récit vous a fait du bien, priez pour Celui qui l’a composé, pour Celui qui pensait à vous, le mardi de la grande semaine, près de la vieille Cathédrale, où les fidèles se pressaient pour aborder le Sauveur Jésus.

A.M. MAHUAS

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Published by peintrefiguratif - dans aquarelle paysage
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commentaires

Abbounette 06/07/2010 11:38



Je viens de lire la légende. Dommage que j'aie loupé cet endroit lorsque j'étais dans la région de Vannes.



peintrefiguratif 07/07/2010 19:48



il est jamais trop tard pour bien faire tu y retourneras peut être un jour


bises



Abbounette 06/07/2010 11:28



C'est magique, toutes ces nuances de blanc, le tout égayé par les touches de verdure et de couleurs vives de fleurs. Et puis j'aime bien la plage qui apparaît derrière le porche, invitation à la
promenade et au plaisir.


Gros bisous ma belle



peintrefiguratif 07/07/2010 19:48



les pierres sont vaiment grise, il est difficile avec l'aquarelle de reproduire la couleur


c'est pas une plage derriére mais une rue avec une maison et de la verdure devant


bisous



Ecureuil bleu 04/07/2010 21:21



Ton aquarelle est superbe ! Bonne soirée, Raymonde !



peintrefiguratif 05/07/2010 12:38



merci écureuil tu vas peut être en faire aussi à ton retour de vacances



gene 04/07/2010 13:46



je vois que tu n'as pas résister et que tu as pris tes pinceaux . La Bretagne est un paradis pour les peintres .bisous 



peintrefiguratif 04/07/2010 20:00



eh oui mais j'ai pas trop le courage il faisait trop chaud et aussi je suis un peu occupé en ce moment


oui la bretagne inspire beaucoup de peintre et je le comprends



autresrimes 04/07/2010 11:09



coucou Raymonde


après avoir été admirer le belles photos bretonnes de mounette , je passe te faire un coucou -bonjour par ici, toujours de belles aquarelles. sympa aussi les contes et legendes celtiques . bises
et A+ d' Emmanuel



peintrefiguratif 04/07/2010 11:28



bonjour autresrimes se sont mes articles et photos sur la bretagne, mounette nous a écrit de beaux poèmes sur notre promenade en bretagne.


merci pour mon aquarelle


bises


 



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